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1 mai 2017

Un roman que l'on garde en mémoire

"Otage de ma mémoire" de Marilyse Trécourt




Bonjour à toutes et à tous
Aujourd'hui c'est avec la chronique de Otage de ma mémoire de Marilyse Trécourt que je reviens vers vous. Deuxième version, aux éditions Carnets nord, sortie le 06 avril 2017 en librairie.

Ce que j'ai toujours pensé des romans, c'est que certains tirent leurs forces, leurs puissances, de deux manières différentes. Par le style de l'écriture ou par l'histoire. La manière dont on raconte l’histoire ou bien ce qu'elle raconte. Aucune révélation je vous l'accorde!

Lorsque j'étais gosse ce qui m'avait fasciné avec Star wars... effectivement je change d'histoire, mais pas de sujet. Alors touillez votre café ou thé et restez concentré.
Donc ce qui m'avait fasciné dans le scénario Star wars, c'était comment avec une histoire toute simple, nous pouvions captiver l'attention de milliers de personnes.


Je m'explique, avant qu'il n'y ai les trente mille épisodes, l'intrigue principale résolue nous dévoilait que le méchant n'était autre que le père du jeune blondinet insouciant espérant ramener la paix dans la galaxie à coup de sourire email diamant (j'espère n'avoir spoiler pour personne^^)
Et je m'étais dis (j'étais petit!): Punaise (ouais, on disait ça dans les années quatre-vingts), trop bien d'écrire une histoire où les gens ne peuvent pas comprendre tout de suite qui est réellement qui.

Il suffisait juste de raconter une aventure ou plein de petites histoires pour dissimuler un truc tout con!
Et oui, car il n'y avait pas de quoi se taper le cul par terre sur l'intrigue dissimulée. Le méchant était le père. Et il n'y avait pas de quoi réfléchir trois plombes après révélation.
Alors le rapport avec Marilyse Trecourt et Star Wars me direz-vous?
Elle dissimule de façon captivante, une histoire un peu sordide avec une dose de cruauté.

Quatrième de couverture:

En se réveillant ce matin-là dans un lit d'hôpital, tous ses souvenirs ont disparu. Sa voix également. Qui est-elle? que lui est-il arrivé? Pourquoi personne ne s'inquiète de son absence? Quelles sont les réelles motivations de ceux qui prétendent l'aider? et surtout, pourquoi l'éventualité de retrouver la mémoire l'effraie-t-elle autant?
On lui propose de lui donner un nom, Arielle. Et de retrouver le fil de sa vie grâce à l'hypnose. Au cours de ces séances, lui reviennent peu à peu des fragments de son identité et des joies et drames qu'elle a vécus. Mais quand les souvenirs et la réalité ne semblent plus concorder, Arielle comprend que le destin s'obstine à l'égarer...

Otage de ma mémoire  est présenté comme un thriller, alors c'est un point de vue qui se discute je pense.
Au thriller j'associe un "engrenage" où le/les protagoniste(s) se retrouvent entraînés vers des pistes plus ténébreuses que celles qui se profilaient au départ.
Jusque là ça pourrait aller, mais on est borderline tout de même.
Ensuite, avec le terme thriller, un peu de suspense qui font imaginer le pire.
Là on est borderline, mais de l'autre côté de la ligne du coup, car j'ai adoré lire ce roman au soleil sur ma terrasse, deux fraîcheurs associées. Mais pas de flippe, de tension ou bien de huis clos mental où l'on se dit qu'on va mal finir (bah oui quand on se met à la place du héros!) à la prochaine page.

Pour l'association Thriller enquête policière, il y a bien un Malone mais celui-ci n'est pas un inspecteur, malgré qu'il mène une "enquête psychologique" sur l’héroïne.
Quant à cet inspecteur Monceau, dès le début j'y ai associé le personnage Emile Lampion incarné par Marius Colucci dans la série "Petits meurtres d'Agatha Christie". Peut-être ai-je plombé le thriller avec trop de couleurs!
Et franchement dans un sens cela coïncidait avec mon humeur, ce qui fait que je m'y suis plongé comme dans un thriller. Je veux dire avec le même isolement intérieur. Absorbé par ce microcosme mental qui n'est autre que l'environnement de la narratrice.
D'ailleurs ce microcosme, cette atmosphère à la Trécourt, à un humour claquant qui n'est pas sans me rappeler les anecdotes (aux tons burlesques) éclairs qui rythment certaines pièces de théâtre, lorsque deux personnages se croisent et se donnent des nouvelles d'un tiers. Un humour menant à la dérision les déboires de personnages pas forcement dans les mailles de l'histoire principale.
C'est là, la fraîcheur de l'écriture de Marilyse. Qui contraste également avec la dureté de scènes plus froides, plus abrasives pour l'héroïne.

Mais parlons de l'histoire. Vous savez ces petites histoires judicieusement écrites qui dissimulent une histoire assez simple.
Les p'tites histoires c'est la recherche que va mener cette femme amnésique pour connaître son identité, son passé, sa vie.
Pour y parvenir elle va avoir recours à l'hypnose (non sans Messmer, arrêtez ça devient grotesque, c'est un thriller tout de même!) et à rien d'autre au début. Une recherche fragmentée d'éléments dont elle ne peut assurer la véracité.

C'est certes peu car écrire un roman avec une amnésique qui va rester bloquée dans un hôpital (pas durant tout le roman mais je veux pas spoiler) avec comme seule porte sur son hypothétique identité, le bureau du docteur hypnotiseur et une infirmière collante, c'est pas de la tarte.
Effectivement ami(e)s lecteurs et lectrices! C'est pas de la tarte, car c'est un gâteau que Marilyse nous a fait.
Un sublime gâteau où chaque chapitre est une part, un délice.
Car si l'on ne colle pas véritablement l'étiquette thriller à Otage de ma mémoire, on peut lui attribuer ce tour de force qu'est l'incarnation de personnages aux handicaps variés. C'est dans cette sphère complexe que le théâtre m'est venu à l'esprit.
Car chacun des intervenants tient sa place et son rôle de manière cohérente. De façon si propre que l'on est baladé de séance d'hypnose en séance d'hypnose, jusqu'à ce qu'un puzzle prenne forme.
Réel, irréel, fantasmé ou contradictoire, un puzzle prend place et nous conduit alors aux suppositions qu'un lecteur se fait toujours, il cogite en somme.
C'est donc dans ce Tetris de protagonistes handicapés que j'ai pris place pour apprécier pleinement l'écriture de Marilyse Trecourt.
Marilyse jongle entre les univers particuliers propres à chaque handicap avec les contraintes de communications qui leurs sont propre dans certains cas et cela très habilement. Avec une pointe d'humour et de légèreté souvent, que l'on sent se poser instinctivement dans l'écriture.

Otage de ma mémoire est un roman qu'il faut, à mon avis, prendre avec cette spécificité, cette singularité du monde qui se dessine sous les phrases de Marilyse. Je parle de cette touche de couleur qui est propre au regard de l'auteure et qui naturellement émane de ses phrases.
Même si une histoire assez sordide se dévoile, je ne trouve pas qu'il y ai une part sombre dans ce roman. Je tenais à le souligner, étant "sombrovore" (oui oui, inventé de toute pièce avec des lettres de l'alphabet, j'adore les histoires sombres) exigeant.
Il est des aventures qui évoluent dans des univers où l'exactitude avec la vie réelle doit être mise de côté, vous savez, un peu comme au théâtre. Ce qui nous permet de s'évader du quotidien avec facilité.
Alors je ne saurais que vous conseiller de vous offrir ce moment de détente.

Pour accéder à la page Facebook de Marilyse Trécourt c'est par ici






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