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22 avr. 2017

Interview Libreditions.fr

Interview 4: avec Anne et Pascal de Libreditions.fr


Lectrices et lecteurs, auteurs en herbe ou confirmés. Amoureux des livres et de l'écriture. Aujourd'hui je tiens à débuter mon interview avec cette citation de David Augustin de Brueys : "Il faut lire avec choix et réflexion, si l'on veut retirer quelque utilité de ses lectures."

Et celle-ci provoque en moi un sourire de satisfaction en pensant que vous lisez cette citation sur mon blog. Car vous êtes nombreux dorénavant (cela me surprend à chaque parution) à être au rendez-vous de mes articles. J'ose croire donc, en toute humilité, que je vous suis d'une quelconque utilité (du moins mes écrits).
Mais soyons sérieux un peu! Car être utile est un art, tout comme écrire avec le pouvoir de transporter un lecteur!
Et dans un registre plus "matériel", faire "naître" votre "précieux" (je parle du roman que vous avez écrit et que vous aimeriez publier à la face du monde) est également un art. C'est pourquoi cette entreview concerne les éditeurs de Libreditions.fr .

Anne et Pascal sont mes invités. Et comme vous allez le découvrir ils endossent plusieurs casquettes le long du parcours de la création d'un livre. Si on y réfléchit c'est l'inverse de l'industrialisation, de l'usinage, et l'idée me plaît. Un travail "d'artisan" en quelques sortes (pour reprendre leur mot).
Bien sûr à chacun son métier, mais là je les laisse vous en parler.  






Bonjour Anne, bonjour Pascal.

Tout d’abord je tiens à vous remercier d’avoir accepté cette interview à laquelle je tiens afin de faire entendre les voix des différents acteurs de la vie d’un livre.

Je me tourne vers vous car vous êtes éditeurs à compte d'auteur et pour un écrivain (personne qui écrit sans jamais avoir publié ou été publié) en herbe ou en puissance qui désirerait voir se matérialiser ses écrits en «roman public», vous (éditeurs à compte d'auteur en France, pas que Libreditions.fr) êtes à la fois effrayant (par l’investissement financier demandé) et rassurant (par la prise en main totale de l’incommensurable bordel qu’une personne peut désigner sous le nom de roman prêt à être publié au départ) lorsqu’il s’agit de faire un choix pour faire naître son précieux afin de le vendre.

Alors effrayez-nous ou rassurez-nous, mais dites-nous tout!

1 / Anne (honneur aux femmes, c’est de rigueur sur mon blog), voulez-vous nous dévoiler un peu de votre parcours personnel en lien avec l’édition (ou l’autoédition), voire «l’écriture» d’une manière générale. Lorsque je dis «l’écriture», je pense à une éventuelle expérience intime dans celle-ci.

Bonjour. Après des études littéraires, j'ai fait un IUT Métiers du livre, spécialisé dans l'édition. C'était dans les années 80, et à l'époque il était encore assez aisé de trouver un job dans l'édition. C'est ainsi que j'ai travaillé pour de nombreuses maisons d'édition, Albin Michel, Hachette, Régine Deforges, Ramsay… J'ai aussi monté ma propre maison… qui n'a sorti qu'un seul titre, faute de sous ! J'ai également travaillé à Genève, dans un petit journal où je faisais de la maquette. 
J'ai ainsi appris tous les métiers de la chaîne graphique. J'ai terminé ma carrière salariée en 2013, après 17 ans en tant que directrice éditoriale des Éditions Demos. Le choix d'un manuscrit, la correction et la commercialisation sont des domaines que je pense maîtriser. Quant à l'écriture, j'ai commis quelques ouvrages en tant que "nègre" comme on dit. Des biographies de personnages connus, des romans, un peu de tout.

2 / Pascal, j’ai pour vous la même question, sur votre parcours personnel en lien avec l’édition et l’écriture.

Bonjour. Je suis journaliste depuis l'âge de 19 ans et j'ai donc écrit beaucoup, puis corrigé énormément en tant que rédacteur en chef, dans différents magazines dédiés au cinéma. J'ai travaillé aussi pour des revues de chaînes de télévision comme Orange Ciné Série ou Canal +. 
En ce qui concerne l'écriture, j'ai publié un roman intitulé «Les larmes du dragon» à compte d'auteur et suis un lecteur assidu pour des maisons d'édition depuis de nombreuses années.

3 / Quand Libreditions.fr a-t-il été créé et combien d’auteurs avez-vous accompagnés depuis sa création? Et je serais même curieux de connaître le nombre de romans imprimés depuis ce début d’année 2017?

Libréditions a été créée en 2014 et nous avons à ce jour publié une cinquantaine d'auteurs.

4 / Pouvez-vous nous présenter Libreditions.fr dans les grandes lignes? Nous raconter son origine et sa vocation, sa volonté d’exister à travers votre regard, au-delà du «business».

À Libréditions, nous tenons à faire découvrir des auteurs délaissés par les éditeurs classiques. Nous travaillons comme un éditeur «à l'ancienne», c'est-à-dire que nous collaborons directement avec l'auteur. Pour ce faire, nous contactons les écrivains dont les manuscrits sont de grande qualité et que les éditeurs, pour lesquels nous lisons en comité de lecture, n'ont pas retenus. Nous effectuons un travail en profondeur, tant du point de vue du contenu que de la forme, en liaison constante avec l'auteur, pour publier un ouvrage qui lui correspond le plus. 
Ce travail d'artisan est fortement apprécié par nos auteurs, à l'image des témoignages publiés sur notre site internet. Et puis, vous savez, notre métier est avant tout un métier de rencontres. Il n'y a rien de plus réjouissant et excitant que de découvrir la personnalité qui se cache derrière un manuscrit. Depuis que nous avons lancé Libréditions, nous avons fait des rencontres incroyables. Après, c'est une question de confiance…

5 / Alors imaginons que je sois un écrivain (du moins quelqu’un qui a noircit des pages qu’il juge, désigne, sous le nom de roman) et que je suis en quête d’une plateforme, d’un support, d’un site, d’un soutien humain pour publier mon roman en numérique ainsi qu’en version brochée.

Je veux publier et j’ai bien évidemment consulté les trois milliards de sites et bouquins (oui, lorsque c’est de l’information je nomme cela bouquin) qui m’expliquent la différence entre édition classique, autoédition et compte d’auteur. Et maintenant je me pose cette question que je vous renvoie

À la vue de votre grille tarifaire je me dis, ouah ça coûte une blinde. Moi je juge que Word et Tata Huguette ont bien corrigé mes écrits. La mise en page me plaît elle est à mon goût, pourquoi la revoir! Quant à la couverture, je me dis qu’une photo prise par Tonton fera l’affaire.

Alors ma question est: Quel intérêt ai-je à payer ce que j’estime digne d’un crédit à la conso alors que Tata est sûre de ne rien avoir raté et que mon ego me suggère de ne pas modifier une ligne de mon précieux?

Nos auteurs ont toutes les origines sociales. Il y a aussi bien un économiste distingué (qui a écrit des ouvrages très sérieux sur les crises financières et sur la fin de l'Europe), qu'une maîtresse d'école, un médecin ou un professeur d'université. Au départ, chacun était persuadé que son ouvrage ne méritait pas d'être corrigé et amélioré. Par l'exemple, nous sommes capables de convaincre facilement un auteur du bien-fondé de notre travail. 
Côté tarifs, nous sommes parmi les moins chers du marché. Car nous proposons une prestation globale et forfaitaire, sans ajouter un service par ci, un service par là qui font gonfler la note de façon prohibitive. D'ailleurs, nous avons des commentaires souvent peu amènes sur le travail de certains labels qui privilégient la quantité à la qualité. Autrement dit, ils prennent un manuscrit, le mettent dans une machine et il en ressort un livre peu ou mal corrigé, mal formaté et mal imprimé. Le tout pouvant atteindre la «modique somme» de 4 à 5 000 €. On frise l'escroquerie pure et simple…

6 / Avez-vous des alternatives dans la prise en main d’un roman ou bien un «contrat» chez Libreditions.fr correspond-il à un schéma, un parcours, prédéfini et immuable?
D’ailleurs, pouvez-vous nous parler du sort que va subir «mon précieux» entre vos mains?

Notre mission se déroule en plusieurs temps. Il y a d'abord l'établissement d'un devis, la signature d'un contrat en bonne et due forme, puis une première vague de corrections par Anne ou moi-même, de visu, par téléphone ou via Internet (nous avons des auteurs aux quatre coins de la France et même en Suisse et en Belgique) en direct avec l'auteur. Ça peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, selon la disponibilité des gens qui travaillent souvent par ailleurs. 
Puis notre directeur artistique formate le manuscrit corrigé selon les exigences typographiques et d'édition (Internet et papier). En parallèle, nous élaborons avec le graphiste et l'auteur la couverture et le texte de 4e (qui sert également comme présentation du livre sur les librairies numériques). Ensuite, Anne ou moi effectuons une deuxième correction. Cette double révision, effectuée par un homme et une femme, par un journaliste et une éditrice de métier, permet de faire apparaître des différences, à corriger… ou pas. 
Enfin, après une adaptation d'usage, nous créons un compte pour la mise en ligne du livre sur les meilleures librairies numériques, que nous gérons avant de le livrer clefs en main à l'auteur qui n'a plus qu'à prendre le relais pour voir comment évoluent les ventes et effectuer lui-même d'éventuelles modifications. En option, il décide ou pas de nous confier une impression sur papier (ce que nous privilégions car nous sommes amoureux des «vrais» livres) selon le nombre de pages et le nombre d'exemplaires souhaités. Précisons que l'auteur conserve l'ensemble de ses droits.

7 / Ma prochaine question est une interrogation, qui je crois, générera toujours des débats dans le milieu littéraire.

Quels sont les réels avantages à choisir de publier à compte d’auteur plutôt que totalement auto-édité

L'apport de professionnels nous paraît déterminant pour proposer un livre de qualité et «lisible» par le plus grand nombre. Combien d'auteurs nous ont dit «Je ne me rendais pas compte du travail qu'il restait à faire pour que mon livre soit simplement «compréhensible» ou «intéressant», sans compter le nombre de fautes que vous avez corrigées et que je n'avais pas vues

8 / Cette question rejoint la numéro 5 en quelque sorte.
Il est difficile de s’imaginer, de planifier une rentabilité, avec des versions numériques habituellement en dessous de cinq euros. Il nous vient rapidement à l’esprit que les versions brochées ont intérêt à se vendre (enfin pas tout seul c’est certain).

Voici ma question:

Même si cela dépend du degré et de la qualité d’investissement personnel de l’auteur pour vendre et promouvoir son livre, avec l’expérience de vos «poulains» (rire), combien de temps me faudra-t-il pour estimer être remboursé de mon investissement de base?

Aucune idée! Cela dépend justement de l'investissement en temps et en énergie de chaque auteur pour faire connaître au mieux son bouquin. Nous ne sommes pas des marchands de rêves. Il y a dans notre «écurie» (rire) seulement une auteure, ce qui est déjà énorme, qui a réussi à se faire repérer par un éditeur classique et donc essaie de passer de l'autre côté du miroir pour en vivre. Nous croyons plutôt que chacun doit se faire plaisir et aller jusqu'au bout de SON aventure littéraire, sans en attendre des monts et merveilles.

9 / Une fois le roman prêt à vendre, numérique et broché, quelles sont les possibilités de «distributions» que Libreditions.fr apporte?

Aucune… Comme l'indique notre site.

10 / Vous dites sur votre site que vous choisissez au coup de cœur. Alors vous êtes au bon endroit, un gros coup de cœur dont vous voulez nous parler? Aussi bien vous Anne, que vous Pascal. Tous genres littéraires confondus, au choix… du cœur.

Anne : C'est difficile de répondre à cette question, puisque, justement, nous ne publions que des coups de cœur ! Alors, mon coup de cœur préféré depuis le début de l'année ? "Le syndrome de la grenouille", de Céline Giller. J'adore tout dans ce texte. L'histoire, l'écriture très particulière, la construction du livre. Et puis l'auteure est charmante et adorable. Pour nous, un vrai sans faute…

Pascal : J'ai un faible pour «Dissections d'appartements», que nous avons édité en novembre dernier, un ouvrage à la fois hilarant et corrosif sur la recherche d'un logement dans Paris. Et puis l'auteur est un personnage haut-en-couleur comme on aime en rencontrer



Merci encore à vous deux, Anne et Pascal, d'avoir accepté de répondre à mes questions. Je ne peux que vous souhaiter de nous faire découvrir de merveilleux talents pour les années à venir!


Pour vous rendre sur Libreditions.fr c'est  ici!
Et pour accéder à leur page Facebook c'est par là



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