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5 févr. 2017

L'auto-édition

Satisfaction or no satisfaction ?



Le surprenant monde "virtuel" de l'auto-édition (mais bien réel malgré tout!).
Microcosme numérique où l'auto-satisfaction devient le juge de la mise en ligne ou pas d'un roman que l'on a écrit.
Les maisons d'édition ayant pignon sur rue et leur nom inscrit sur un bâtiment n'ont pas voulus de vous et de votre roman, l'auto-édition est là pour exaucer (partiellement) votre rêve en réalité.
Ou bien vous désirez gérer seul(e) vos écrits, vos récits, endosser la casquette de l'écrivain auto-éditeur dans toute sa splendeur!

Le principe est simple, certaines plateformes telles que Kindle, Bookelis, Amazon et bien d'autres encore se proposent (du moins mettent un support de diffusion à disposition) de mettre en ligne (gratuitement ou pas) vos écrits. Qu'il s'agisse d'un roman de quatre-vingts dix pages ou d'un pavé de cinq cents pages. Et qu'il soit digne du prix Goncourt ou bien d'être imprimé sur du papier toilette importe peu (non, non, non, ce n'est pas un pléonasme).

Le fonctionnement technique de la mise en ligne d'un roman et toutes les démarches que cela impliquent feront sans doute l'objet d'un article. Mais pour le moment j'aimerais vous parler du côté humain de l'auteur(e) qui s'auto-édite.
Il n'y a pas un profil type de la personne qui décide de s'auto-éditer par le biais d'internet et des outils, supports, mis à sa disposition.
Tous les cas de figures se présentent, car étant seul(e) juge du roman que l'on vient d'écrire on peut vite se prendre pour Balzac en passant par Philippe Djian, Edouard Limonov ou Stephen King.

Satisfaction, cause i try and i try and i try and i try !

Car celui ou celle qui se publie croit dur comme fer en son talent d'écrivain(e) (et il ou elle a bien raison!).
Il est des auteur(e)s qui sont édités par de grandes maisons d'édition et qui malgré tout ont choisi de diffuser en auto-édition des textes qui ne répondaient pas aux critères commerciaux pour être publiés par leur maison d'édition.
Nous retrouvons ainsi sur les étagères virtuelles du web, des romans d'auteur(e)s ayant fait leurs preuves sur le grand public des lecteurs. Familiarisés avec la chaîne de création d'un livre, ceux-là ont une approche plus pragmatique dès le départ et généralement fournissent un travail plus soigné sur la finalité, en comparaison avec le novice qui ne connaît de l'édition que les lettres de refus des maisons d'édition.

Après avoir sué sang et pensées pour noircir les pages de votre oeuvre littéraire issus des méandres de votre esprit aussi tordu qu'un vieux sherpa après une vie de labeur. Il va falloir le vendre!

Plaisir pour les uns, calvaire pour les autres, quelque soit sa forme et son étendue, vous aurez à gérer la phase marketing.
De prime abord les réseaux sociaux semblent être un excellent moyen de faire connaître son roman.
De plus, l'achat étant numérique la plupart du temps, il est aisé pour l'auteur(e) de mettre un lien direct de ses divers comptes afin que ses abonnés puissent accéder en un clic sans recherche à son ou ses romans.
Vous l'aurez compris, l'auto-édition est une aventure humaine, mais incontestablement il rapproche les écrivain(e)s de ses lecteurs et lectrices.

D'ailleurs, qu'en est-il des lecteurs et des lectrices qui font la joie, la peine ou l'indifférence chez les auteur(e)s?
Et oui! Tout comme François-Xavier Bagnoud (paix à son âme), le pilote qui accompagnait Balavoine le 14 janvier 1986, ainsi que la Honda 1100 VFC rouge et noire qui se trouvait malencontreusement avec Coluche le 19 juin de la même année (putain d'camion!), on ne parle pas assez d'eux!

Pour partager un peu avec vous de ma récente expérience de ce côté là, étant lecteur d'auto-édité finalement moi aussi. Je vous livre mon ressenti.

Ce qui m'a tout de suite séduit dans cet "univers", c'est le contact "verbal" qui est à portée de main (de clavier) avec les romanciers, pouvoir discuter après lecture de l'histoire, avec lui. Le fait d'avoir un(e) auteur(e) qui vous souhaite une bonne lecture de son roman, je trouve cela très sympa. Ce n'est pas Musso qui va vous souhaiter une bonne lecture dans un petit mail après l'achat d'un de ses romans. Si le vendeur de la Fnac vous décroche un sourire, ça sera déjà bien! Mais bon, sans rapport avec votre lecture.

Généralement la mécanique nous entraîne dans une spirale d'abonnements à l'un des comptes des réseaux sociaux des auteur(e)s. (note:simplifier mes phrases et les épurer)
Ainsi l'auteur auto-édité hante votre quotidien dorénavant. Il ou elle se retrouve donc dans votre fil d'actualité, chaque matin, chaque midi, chaque nuit.
Nulle crainte à avoir, ils vous accueilleront de leurs grands bras (plus ou moins) bienveillants.

Vous serez comme dans du coton, pris en considération finalement comme aucun auteur publié en Maison d'édition ne le ferait avec vous. Précieux (et capricieux) lecteurs.
Oui comme dans du coton, parfois c'est dans une telle épaisseur "d'intimité" que l'on s'y enfonce en toute quiétude... Mais je vais revenir sur cela tout à l'heure...

Je voudrais finir quelques points (de vues) sur les lecteurs et lectrices, harcelants, abonnés pardon, aux auteur(e)s.
Il en est des compulsifs qui achètent direct le roman de leurs nouveaux contacts auto-édités.
Il en est des complaisants qui aiment tous les romans qu'ils lisent. Pardon, qui disent qu'ils aiment les romans qu'ils lisent.
A ne pas confondre avec ceux qui disent systématiquement avoir aimé, sans complaisance pourtant! Ceux là sont pour moi un mystère total.
Je m'explique. Il existe (bienvenue dans la salle des suppositions, située dans ma boîte crânienne) une relativité entre le taux de bons livres que vous allez trouver en auto-édité comparé avec les "publiés en librairie" de Maison d'édition.
Pour un livre numérique où le prix débute à quatre-vingt dix neuf centimes (très souvent offert ponctuellement), votre bibliothèque virtuelle a vite fait de mettre une taule à votre Körngstrup (c'est le nom d'une bibliothèque Ikéa, ok c'est pas vrai!) en nombre de romans reçus.
Et ne nous voilons pas la face, il y a pléthore "d'auteur(e)s" qui se publient sans aucun avis extérieur (non non, déconnez pas, celui de maman et papa ne compte pas, si ce n'est dans votre cœur, mais pas dans la raison... de publier oserais-je dire!).

C'est le principe (le problème) en fait, que vous écriviez de la merde ou du Victor Hugo, le public va pouvoir vous lire! ( ah j'entends d'ici ceux et celles qui vocifèrent à mon égard en râlant "mais il croit quoi celui là? on peut dire pareil de son blog et de ses articles, non mais". A cela je répondrais que vous avez tout à fait raison et rien ne vous empêche d'enfiler une combinaison en latex et de me fustiger de votre colère en mail si ça vous fait du bien, je reste ouvert à tout!)
Bref, me serais-je égaré?

Alors étant entendu que vous allez avaler masse de romans à ce prix là si vous êtes un gros lecteur.
Forcement, inévitablement, vous allez tomber sur des merdes. Mais si, mais si, c'est obligé, c'est mathématique.
Donc ce lecteur là reste un mystère. Le mec ou la nana qui annonce plusieurs centaines de numériques lus ces dernières années et affirme avoir tout aimé, ne pas avoir croisé une daube en eBook.
Dis moi, tu n'as pas de goût en matière de lecture? Tu n'as pas tout lu en vérité? Ou tes idéaux littéraires sont bien bas?
Ah!!! Tu veux qu'on t'aime!
En y réfléchissant il n'est plus un mystère, mais une misère!

Oh no no no! Hey hey hey, that's what i say !

Bon! Je n'ai pas fini, il vous reste des pop-corn ?
Il en est des... touchés par la grâce divine de la sensiblerie.
Ah!!! ils l'ont aimé le roman, ils le font savoir, à chaque nouvelle lecture, ils ne manquent pas de gratifier l'auteur(e) de leurs louanges littéraires.
Et mon dieu, ils ont pleuré, pleuré, pleuré (non ils n'ont pas crié Aline pour qu'elle revienne, mais presque), toute la nuit même pour certain(e)s.

Tasse de café à la main j'observe ces échanges sur réseaux sociaux (pas besoin d'être connecté H24, juste avoir ces "perles" dans ses abonnements) où objectivement la réponse de l'auteur(e) trahit malgré la mise en forme, polie, un étonnement proportionnel à la démesure des propos du lecteur ou de la lectrice.

Mais revenons à nos moutons, avec notre coton.
Donc bien installé dans votre nid douillet de relation virtuelle lecteur/auteur, vous êtes dorénavant assujetti aux publications des romancier(e)s.
Tant qu'ils font leur vie, leurs pubs, leurs annonces, de manière "neutre" (à leur image et celle de leurs romans bien évidemment) tout va bien. C'est d'ailleurs pour cela que je m'abonne.
Mais lorsque votre fil d'actualité devient une liste plus ou moins exhaustive de tous les maux existentiels et corporel du quotidien de la personne ( car l'auteur s'estompe ou pourri son tableau ainsi) là, permettez moi de vous dire:
Ça  merde grave les ami(e)s. Et il fort probable que cela empire.

Sans que vous n'ayez rien vu venir, un matin, alors que s'actualise vos listes, se déroule la fin du monde sous vos yeux. Les turpitudes émotionnelles des auteurs torturés (mais pas comme j'aime) deviennent vos news matinales.

Hier vous lisiez son histoire de chevalier et de dragon, vous transportant dans un autre monde? Ce matin son auteur a eu mal au ventre toute la nuit, il a pas dormi dit il et il proclame vouloir fermer son blog en se plaignant. (il fait du boudin quoi!)

Ce weekend vous aviez lu la formidable romance d'une auteure fleur bleue?
Cet après-midi elle annonce -après découverte d'un piètre commentaire à propos de son livre sur Amazon dont elle nous fait part au passage- que son médecin n'est pas confiant sur ses tests urinaires, une coloscopie s'impose!

Pour ce qui est du romancier qui a écrit cette palpitante aventure aux parfums d’Asie sauvage que vous avez lu cet été dans votre bain de soleil, mojito à la main, ce matin il annonce que ça fait chier, sa bagnole est en panne et il déteste les transports en commun, ça pue et d'ailleurs il envisage de rester chez lui à pleurer.

Vous l'aurez compris, cela ne va pas nous dépayser des abrutis que l'on croise tous les jours à la machine à café au boulot. Il est clair que les auteur(e)s ont le droit de vivre et que je ne cherche pas à être moralisateur. Mais les comptes d'écrivain(e)s sous l'étendard de leur roman me laissaient penser que j'y trouverais des identités représentative de leur univers. Non pas des diagnostics  digne d'un service de traumatologie.

Etant sous le coup des émotions humaines également et étant sujet au "je me suis levé du pied gauche tout le monde me gave", je m'abstiens ces jours là, oh oui, de vous en faire part, afin de ne pas balancer mes nuages gris sur votre soleil. D'ailleurs ces jours là, je ne post pas, je préfère divertir mes lecteurs plutôt que les anéantir.
Afin qu'actualisation ne rime pas avec dépression.
Alors auteur(e)s, ne confondez pas mauvaise humeur, haut-le-cœur et problème gastrique, avec marketing littéraire.
Car lorsque l'on baigne déjà dedans, cela n'est point séduisant. Et pour vous point reluisant.



















1 commentaire:

  1. Voilà, voilà, comment veux-tu qu’un auteur réponde à ça ? Si je dis que j’adore ta chronique et que comme d’habitude ta plume a su me faire rire aux éclats, tu risques de prendre ça pour de la complaisance ? Un échange de bon procédé ? Tant pis, je confirme…
    Et c’est là que je me mets à réfléchir, c’est le drame avec tes chroniques, elles me parlent et après je cogite (parce que bien entendu, comme beaucoup d’auteurs, j’imagine, à ce moment précis, je ne le prends absolument pas pour moi) et pourtant…
    J’avoue, je fais partie de ces auteurs qui se sont laissés aller (annoncer une grippe à mon anniversaire de mariage, mais comment ai-je pu en arriver là ?). Moi, qui il y a encore quelques mois utilisais uniquement Facebook, et encore plus pour les sites de déco et cuisine que pour entretenir des liens.
    Puis j’ai pondu mon premier roman, en autoédition, ne me sentant absolument pas prête à le soumettre à des maisons d’édition. Mais après avoir vendu mon stock de base à tous mes proches, est arrivée cette obligation de faire mon auto-promo, ne serait-ce que pour rembourser le coût de la correction de mon livre. Puis il y en a eu deux autres. Et depuis je pollue les fils d’actu de ma famille, de mes amis et j’ai ouvert un compte Twitter. J’y vais à reculons car je n’ai pas le contact facile et suis assez timide. Je poste mes promos dans l’indifférence quasi générale et lis les auteurs faisant partie de mes abonnés dans l’espoir de pouvoir briser la glace. Malheureusement, hormis quelques perles que je signale aux auteurs mais peut-être pas avec assez d’insistance, n’entendant toujours rien à Twitter et à ses coutumes, je peine à nouer des liens. Comble de la malchance, je me fais accuser de copinage par le justicier du #JeudiAutoEdition, moi ? C’est le monde à l’envers. J’envisage de laisser tomber. Tant pis, maintenant je me sens prête à affronter les ME. On verra bien. Je me fais de plus en plus rare.
    Et puis un jour, pas si lointain, j’ai été lue et appréciée et oui, honte à moi, je me suis laissée prendre au jeu. Après avoir tout d’abord éprouvé un véritable malaise devant tant d’intérêt, après un an de quasi indifférence, enfin j’avais l’impression de faire partie de la « famille », celle que j’épiais derrière mon écran et qui semblait tellement s’amuser sans compter le soutien sans faille qu’ils se témoignaient à coup de likes et autres commentaires élogieux. Je me suis même fait des « amis virtuels », une première, me découvrant de réelles affinités avec des gens se trouvant à des centaines de kilomètres. Et j’ai dérapé. C’est moche, je sais. J’ai même poussé le vice jusqu’à créer un groupe que bien sûr je n’ai absolument pas eu le temps de gérer, essayant de ménager les susceptibilités quand les membres dérapaient à leur tour. Tout ce que je déteste. Je l’ai fermé après un mois d’existence.
    Mais heureusement, toi, Bruno, est arrivé pour me faire prendre conscience avec humour que je m’égarais… Promis, on ne m’y reprendra plus. Bon, il faut que je te laisse, j’ai lessive :)

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